Usine à pétrole Desmarais – Blaye – 1878

Raffinerie de pétrole, dite usine Desmarais

Dès 1876, la société Desmarais frères (dont le siège social se situe rue des Mathurins à Paris), pionnière dans la commercialisation des huiles végétales destinées à l’éclairage et dans les produits pétroliers, implante un dépôt de pétrole et entreprend l’année suivante les travaux d’une raffinerie en bordure de Gironde, dans le quartier Bacalan (un quartier du nord de Bordeaux).

Description du (1er) terrain de Blaye

Le 2 avril 1877, Georges Lesieur signe, pour le compte de la société, l’achat à Pierre Chantignac et ses fils (Pierre-Antoine et Jean), d’un terrain ainsi décrit dans l’acte notarié : «petite propriété comportant des terres labourables, vignes et près, sur lesquelles est édifiée une petite construction servant de logement propriétaire, chais et hangar, commune de Blaye, contenant environ 1 ha 37 a, tenant du levant à M. Augereau, fossé mitoyen, du midi au fleuve, du couchant à M. Milh, levée de la propriété vendue, et du nord à la route de grande communication de Blaye à Bourg». Avec la propriété sont également vendus les vaisseaux vinaires consistant en deux cuves et trois barriques de piquette.

2 autres terrains, à proximité du premier, permettront d’augmenter la taille des bâtiments. Ils seront acquis l’année suivante.

Blaye

Situation géographique de la localité de Blaye (Gironde) (© researchgate.net)
Situation géographique de la localité de Blaye (Gironde) (© researchgate.net)

Blaye, commune du sud-ouest, située sur la rive droite de l’estuaire de la Gironde, près du confluent de la Garonne et de la Dordogne, a une position intéressante.

Elle est proche de Bordeaux et les bateaux d’assez gros tonnage peuvent y accoster. Cette situation lui a toujours permis de jouer un rôle important depuis la Gaule.

Cette petite ville semblait prédestinée à recevoir une usine de traitement du pétrole. En effet en 1873, à la mort du Dr Augereau, conseiller municipal et bienfaiteur de la ville, le cadavre de celui-ci fut, selon ses souhaits, immergés dans un cercueil rempli de pétrole…

Longtemps spécialisée dans le trafic des produits pétroliers, elle cesse cette activité après la fermeture du dépôt Total en 1978, se recentrant sur le stockage de céréales et de produits chimiques.

Les constructions

C’est en raison de sa situation idéale pour recevoir les bateaux d’Outre-mer qu’Henri Desmarais décide de s’y implanter et, en 1877, la société y acquiert à cet effet un premier terrain. Le hasard fait que le lieu est mitoyen de là où résidait le fameux Dr Augereau…

Les premières constructions

La matrice cadastrale enregistre ainsi la construction nouvelle d’un « magasin » (un simple dépôt selon une autre source) en 1877 et d’une « usine à pétrole » en 1878.

En 1879, un petit état-major, composé de MM. Rachel, Chevlu et Douillet, est détaché de Paris pour gérer le site. C’est alors qu’aurait été décidé l’implantation d’une usine, l’«usine à pétrole».

La construction de cette dernière, pour traiter les huiles brutes, ne débutera qu’en 1880. Le traitement du pétrole brut n’interviendra quant à lui qu’à partir de 1882.

Note : Il est à noter qu’une information vient en contredire une autre. Le plan cadastrale et le livre « D’Azur à Total. Desmarais Frères, le premier grand pétrolier français».

Des besoins d’évolutions

En 1887, 3 chaudières sont construites ainsi qu’une estacade d’accostage en charpente, destinée aux navires-citernes approvisionnant l’usine en brut d’Amérique ou de Russie, avec station de pompage créée en 1890. […]

Un atelier de remplissage de carburant pour automobiles est édifié en 1907, puis un atelier de « bidonnerie » en 1909, alors que l’usine emploie environ 400 personnes en 1913.

Le raccordement particulier à la voie ferrée intervient en 1917, doté d’un poste de chargement de wagons-citernes.

Divers projets du bureau d’études de la société Hennebique sont mentionnés entre 1905 et 1918, et réalisés par la Société Bordelaise de Constructions en Béton armé.

Dans l’entre-deux-guerres, époque où l’usine atteint son pic d’activité et compte 600 ouvriers, une nouvelle halle est construite, à structure béton Hennebique. Peut-être s’agit-il de l’atelier de production d’huile de graissage, réputé agrandi en 1937 et équipé d’un malaxeur, alors que sont construites trois chemises en béton armé de protection des citernes.

Seconde guerre mondiale

En juin 1940, l’invasion allemande obligera le siège social de Desmarais Frères à se replier à Blaye.

Des bombardements en août 1940 et surtout le 5 août 1944 aboutissent à la destruction du site industriel, dont subsistent seulement l’ancienne halle et les chemises béton des citernes.

Dans l’après-guerre, le site est uniquement dédié au stockage, au transport et à la distribution de produits pétroliers. Une vue aérienne de juin 1950 montre les citernes en place, le château d’eau construit, et un nouvel atelier de fabrication, à structure de béton armé de type Hennebique, en cours de construction.

Fusion et fermeture

La société Desmarais fusionne avec le groupe Total en 1965. La fin de l’exploitation à Blaye se produit au début des années 1980, époque où les citernes sont démantelées et où le site désaffecté est abandonné.

La réindustrialisation intervient au début des années 1990, avec l’implantation d’une société d’engrais et de produits fertilisants et la construction d’une vaste halle à bardage métallique attenante à l’ancien atelier.

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