La fin du siècle - 1971-1999

Après deux décennies de progrès, tout a changé à l’automne 1939.

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Comme de nombreuses entreprises, l’Anglo-Iranian, qui deviendra plus tard BP, a beaucoup perdu pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais comme beaucoup d’entreprises, elle a également acquis la volonté nécessaire pour continuer à aller de l’avant.

Sommaire

Pour BP, les leçons des années 1970 vont fortement influencer sa stratégie pour le reste du XXe siècle.

Le monde du pétrole est bouleversé

Les changements soudains au Moyen-Orient, à partir de 1971, ont pris l’industrie par surprise.

Tout a commencé avec l’arrivée au pouvoir en Libye de Muammar al-Ghaddafi à la suite d’un coup d’État militaire. En 1971, il annonça que la Libye allait prélever une part plus importante sur tout le pétrole qui quittera le pays. Peu après, l’armée britannique se retirera d’Iran après y avoir été présents pendant plus d’un siècle. Par la suite l’Iran s’empare de quelques petites îles arabes près du détroit d’Ormuz, et Khaddafi, furieux de ce qu’il considérait comme un manquement britannique empêchera un blocus, sanctionnant ainsi BP. Kadhafi nationalisera la part de BP dans une opération de production de pétrole en Libye.

Après quoi, l’un après l’autre, presque tous les pays riches en pétrole de la région – Iran, Irak, Arabie saoudite, Abu Dhabi, Qatar – annonceront que s’ils ne nationalisaient pas immédiatement leurs ressources, ils le feraient dans les 10 prochaines années.

Les conséquences pour BP furent profondes. En 1975, BP Shipping transporta 140 millions de tonnes de pétrole en provenance du Moyen-Orient. En 1983, ce chiffre se réduira à 500 000 tonnes. Au cours de la même période, le pétrole du Moyen-Orient passera de 80% de l’approvisionnement de BP à un maigre 10%.

BP, qui avait autrefois misé toute sa stratégie sur le pétrole du Moyen-Orient, a découvert que son univers était désormais complètement bouleversé.

Des prouesses d’ingénerie et une prise de conscience environnementale

Heureusement, BP avait récemment découvert d’importants gisements de pétrole dans d’autres parties du monde, notamment à Prudhoe Bay en Alaska et dans les années quarante au large des côtes écossaises.

L’entreprise dut trouver maintenant le moyen d’acheminer ce pétrole éloigné vers les sites où il pourrait être stocké, expédié ou raffiné en essence. Cela allait permettre de tester les compétences techniques de l’entreprise, ainsi que son engagement environnemental.

BP a découvert un important gisement de pétrole à Prudhoe Bay, en Alaska

Le site « Forties » était à 160 kilomètres de la côte la plus proche, et plus de 100 mètres d’eau y coulaient. Les ingénieurs de BP ont dû concevoir des plateformes de production dotées de pieds suffisamment hauts pour se placer au-dessus des eaux réputées agitées de la mer du Nord et suffisamment robustes pour rester debout en cas d’hivers rigoureux. Le pipeline menant du terminal à Firth of Forth sera le plus grand pipeline en eau profonde jamais construit. Il eut besoin d’une sécurité et d’une flexibilité nécessaires pour survivre aux courants intenses et à la corrosion.

En 1975, la reine Elizabeth II appuiera sur un bouton symbolique pour lancer l’écoulement de pétrole en provenance du gisement “Forties”, alors que le pétrole ne devait pas couler d’Alaska avant deux ans.

La découverte de BP déclencha, là-bas, un débat national sur les répercussions environnementales de l’extraction du pétrole, mais le projet allait avoir également besoin de l’approbation du gouvernement américain pour être mis en œuvre.

Avec ses 1 200 kilomètres de long, le réseau de pipelines Trans-Alaska allait être le plus grand projet de génie civil jamais entrepris en Amérique du Nord et l’un des plus surveillés.

Pipeline Trans-Alaska

BP et Atlantic Richfield compilèrent des rapports détaillés examinant chaque risque environnemental potentiel.

La conception définitive du pipeline prévoyaient de longs tronçons en surface afin que le pétrole chaud qui le traverse ne fasse pas fondre le permafrost. Des zones surélevées aux points de passage des caribous permétaient que les habitudes de migration ne seraient pas perturbées.

Du long débat en Alaska, BP a tiré une leçon sur l’intérêt de traiter les considérations environnementales potentiellement litigieuses au tout début des grands projets.

Plus important encore, BP a trouvé en lui l’envie de relever les défis environnementaux avec détermination et ingéniosité.

Dates clés

1971 : Le colonel Khaddafi, qui dirige la Libye depuis 1969, nationalise la part de BP dans sa coentreprise et, en 1972, d’autres pays du Moyen-Orient obligeront les compagnies pétrolières à leur céder 25% de leurs concessions, pourcentage qui passe à 51% en 10 ans.

1973 : Les compagnies pétrolières acceptent de céder le contrôle des champs pétrolifères iraniens à l’État, tandis qu’en Égypte, la guerre du (Yom) Kippour commence. Les prix augmentèrent et la production fut réduite.

1974 : Les pays producteurs de pétrole augmentèrent leurs participations dans les compagnies pétrolières – la production de brut de BP tomba à 10% de sa production cinq ans plus tôt.

1975 : Les premiers barils de pétrole arrivent du champ Forties de BP – découvert en 1970 – en mer du Nord en novembre, et en 1978, il fournira 20% des besoins du Royaume-Uni.

1977 : Après des tentatives répétées de nationalisation de BP, le gouvernement britannique vend 66 millions d’actions – 17% de sa participation – dans la société pour 564 millions de livres sterling. Le gouvernement vendit les 31,5 % restants en octobre 1987.
En Alaska, le Trans-Atlantic Pipeline System commence à transporter du pétrole brut et, en 1979, il achemina 1,2 million de barils par jour.

1981 : BP révèle une nouvelle structure de gestion «matricielle», conçue pour équilibrer les entreprises nationales et les flux commerciaux internationaux. Le nouveau président, Peter Walters, privilégie la rentabilité par rapport à la taille et commence à réduire la dimension de l’entreprise.

1987 : Aux États-Unis, BP achète les 45% de parts restantes de Standard Oil qu’elle ne possédait pas encore. Elle rachète ensuite Britoil au Royaume-Uni. La même année, elle est cotée à la Bourse de Tokyo, où ses actions sont négociées jusqu’à leur retrait de la cotation en 2008.

1989 : BP présente sa stratégie d’exploration «frontalière» (nationale), qui conduira à des découvertes majeures dans des pays comme la Colombie, l’Angola et l’Azerbaïdjan.

1990 : Robert Horton remplace Walters et effectue une importante réduction des effectifs, supprimant plusieurs niveau de direction au siège social de l’entreprise.

BP entre sur le marché russe et ouvre sa première station-service à Moscou en 1996.

1992 : Robert Horton démissionne et est remplacé par David Simon, qui instaure une culture de la performance dans toute l’entreprise, basée sur l’établissement et le réalisation d’objectifs rigoureux en matière de réduction de la dette, de création de bénéfices et de dépenses d’investissements.

1995 : John Browne, l’architecte de la stratégie d’exploration des frontières de BP, est nommé directeur général du groupe.

1997 : BP acquiert une participation de 10% dans la société pétrolière russe Sidanco, qui devient plus tard une filiale de TNK-BP.

Se recentrer sur ses points forts

Lorsque le pétrole a commencé à couler en Alaska, aucune raffinerie ou station BP aux États-Unis n’était là pour le recevoir. Au lieu de cela, une participation de 25% dans la Standard Oil of Ohio (Sohio) a assuré que les installations de Sohio étaient prêtes à mettre sur le marché la première essence en provenance d’Alaska.

La participation de BP dans Sohio a augmenté au fil des ans et, en 1987, BP a purement et simplement racheté la société, l’intégrant à une nouvelle entreprise nationale, la BP America.

La même année, le gouvernement britannique a vendu les dernières actions qu’il détenait dans BP. Entièrement privatisée et dans une importante période d’audite interne, BP a accéléré la vente de ses activités minéraux et nutrition, qui n’étaient pas au cœur de ce que la société avait toujours réalisée avec succès : trouver, raffiner, transporter et vendre du carburant.

Au début des années 1990, la société a été confrontée à une importante crise financière causée par une combinaison de la chute des prix du pétrole et d’un lourd endettement qui conduit à l’effondrement du cours de ses actions. Sous la direction de David Simon, l’entreprise retrouve sa santé financière en 1995.

À partir de cette position de force, BP chercha à étendre sa présence et son envergure, en tant que premier acteur d’une série de consolidation qui balaya le secteur pétrolier et gazier à la fin des années 1990.

Le nouveau directeur général, John Browne, mena une série de fusions et d’acquisitions donnant naissance à une «Supermajor» mondiale. BP et Amoco s’unirent pour former BP Amoco. Puis ARCO, l’ancien concurrent de BP sur le versant nord de l’Alaska rejoint le portefeuille. Plus tard, les huiles moteur Castrol et la branche européenne d’Aral rejoindront également le groupe.

BP venait de trouver un nouvel élan.

Le pipeline (BP) des années 40 inauguré par la reine Elizabeth II en novembre 1975

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