Connues depuis la nuit des temps, les résurgences huileuses des forêts du nord de l’Alsace furent utilisées dès le XVème siècle par les apothicaires comme remède pour soigner les maux de dents ou les plaies. Il faudra attendre 1734 pour qu’un étudiant en médecine, Jean-Théophile Hoeffel, formalise dans une thèse les bienfaits médicinaux de l’huile de Pechelbronn. Il mentionne aussi des essais de distillation, inventant sans le savoir le pétrole lampant.
Une raffinerie à Pechelbronn
En 1920, l’état français passe un contrat avec la société alsacienne d’études minières qui fonda Pechelbronn S.A.E.M.. En 1926, une nouvelle raffinerie entre en pleine activité et permet de fabriquer des huiles de graissage de qualité exigée par toutes les branches de l’industrie.
On doit à Louis-Pierre Ancillon de La Sablonière, exploitant de la concession de sable bitumeux de Pechelbronn à compter de 1741, la création de la première raffinerie-distillerie de pétrole sur le ban de la commune de Lampertsloch. Elle se compose alors de six ou sept bâtiments dont un laboratoire où le bitume est extrait du sable par traitement à l’eau bouillante, un magasin aux huiles et des bâtiments pour les fourneaux et les alambics servant à la distillation. Elle permet de produire de la graisse de voiture, du mastic pour bateaux, de l’huile noire et des produits à valeurs curatives.
Naissance d'ANTAR
C’est ainsi qu’à partir de 1927, Pechelbronn, devient la Société des huiles Antar (SHA) et commercialise sous la marque Antar trois catégories de lubrifiants
- Des huiles Antar pour le graissage des moteurs. Elles sont qualifiées de très fluides, fluides, semi-fluides, demi-épaisses et épaisses
- Des huiles Antar Spéciales pour le graissage des boîtes de vitesse, différentiel pont arrière. Elle assure un fonctionnement parfait de la transmission, une altération très nette du bruit et une protection contre l’usure.
- Une graisse Antar pour les divers organes du châssis.
- Les variétés : Antar sport, Antar gel et Antar graphite (dès 1930)
Production
Après la Première Guerre Mondiale, les installations d’extraction produisent 75 000 tonnes de brut par an.
En 1936, les gisements et raffineries de Pechelbronn produisent 6 % de l’essence consommée en France, 7 % du pétrole lampant, 16 % du gasoil, 1 % du white-spirit, 35 % de l’huile, 3 % de la paraffine et 23 % du coke, bitume et brai.
La production de la raffinerie de Merkwiller-Pechelbronn (120 000 t/ an) connaît jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale un long moment de prospérité.
Détruites lors d’un bombardement allié en août 1944, les installations seront reconstruites et resteront en activité jusqu’en 1970. Elle pourvoit en grande partie aux besoins en produits pétroliers français.
La fermeture
A partir de 1955 avec la fermeture progressive de Pechelbronn, les activités de raffinage se reportent sur les bords de l’Atlantique : Antar PA et son important complexe de Donges qui fonctionne toujours.
sources : inventaire.grandest.fr, musee-du-petrole.com, usinenouvelle.com et lalsace.fr
- Dossier d’œuvre architecture IA67080386 (inventaire.grandest.fr) | Réalisé par Schwarz Frank (Contributeur)
- Raffinerie de pétrole Wikipédia (EN)
- Pechelbronn : la doyenne des sociétés pétrolières (lalsace.fr) -D.B. - 06 sept. 2017
- Site du « Musée français du pétrole - Pechelbronn » musee-du-petrole.com
- L’Alsace, pionnière du pétrole (L'Usine Nouvelle) JEAN-FRANÇOIS PREVÉRAUD - Publié le 25 mars 2014 à 12h14
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