Saviez-vous qu'autrefois, certaines pompes à essence pouvaient se déplacer ? Bien avant la généralisation des stations-service, de curieux distributeurs montés sur roues allaient à la rencontre des automobilistes. On les appelait les « chars romains » !
Au début des années 1920, alors que l’automobile prend une place croissante dans la vie quotidienne, le ravitaillement en carburant reste encore peu pratique. L’essence est souvent vendue en bidons, tandis que les premières pompes fixes commencent seulement à se multiplier.
C’est dans ce contexte qu’apparaitront les « chars romains », de curieux distributeurs ambulants qui permettent de vendre de l’essence directement sur la voie publique.
Une pompe à essence montée sur roues
Contrairement aux distributeurs fixes, les chars romains sont conçus pour être déplacés.
Le principe est relativement simple : un chariot supporte une réserve de carburant, généralement constituée d’un fût métallique d’environ 200 litres, ainsi qu’une pompe actionnée manuellement.
Certains modèles sont équipés d’un bi-jaugeur, reconnaissable à ses deux récipients gradués en verre. Ce dispositif permet de mesurer visuellement la quantité d’essence distribuée, souvent par portions de 5 litres.
Des distributeurs qui se déplacent avec la clientèle
L’un des principaux avantages du char romain réside dans sa mobilité.
Installé devant un commerce, sur une place ou à proximité d’un carrefour fréquenté, il peut être déplacé selon les besoins.
La Fondation Berliet rappelle que ces pompes ambulantes étaient parfois poussées jusqu’aux croisées des routes pour aller directement à la rencontre des automobilistes.
Cette mobilité présente également un intérêt pratique : contrairement à une pompe fixe, le matériel peut être rentré à l’abri après la journée de vente.
Il convient toutefois de distinguer cette facilité de déplacement des obligations réglementaires, qui pouvaient varier selon les municipalités.
Courtioux, SATAM : les fabricants français s'intéressent aux pompes mobiles
Au cours des années 1920, plusieurs constructeurs français développent des appareils de distribution à jaugeur ou à bi-jaugeur.
Parmi eux figurent les frères Courtioux, auxquels certaines sources attribuent la commercialisation de chars romains équipés d’une pompe à bras et d’un fût de 200 litres.
La société SATAM propose également des équipements de distribution mobiles, comme en témoigne un char romain daté de 1926, conservé dans les archives iconographiques de la Fondation Berliet.
Ces appareils témoignent de l’inventivité des fabricants français, à une époque où les méthodes de distribution du carburant évoluent rapidement.
Char à essence Antar "Socaline"

Char à essence Satam MO5 aux couleurs Antar dans un très bel état d’origine et avec ses bocaux en verre gravés « Socaline ». Cette marque était l’essence de chez Antar.
- Dimensions : H 2,55 m x L 1 m x P 1 m
- Année
- 1930’s
- Taille
- 2,55 m
- Poids
- 120 kg
- Niveau de prix
- Inférieur
Le bidon d'essence n'a pas dit son dernier mot
L’apparition des pompes mobiles et des premiers distributeurs fixes ne fait pas disparaître immédiatement la vente en bidons.
En 1925, cette méthode de ravitaillement reste courante, notamment dans les commerces et les garages qui ne disposent pas encore d’une installation spécialisée.
Un article de la revue Omnia, publié en 1925 et cité dans la documentation historique, évoque l’ampleur considérable du conditionnement nécessaire pour approvisionner le parc automobile français.
Les bidons métalliques, les caisses de transport et les fûts constituent encore une part essentielle de la logistique pétrolière.
Le char romain représente donc une solution intermédiaire entre la vente traditionnelle en bidons et la distribution par pompe fixe.
Une étape originale dans l'histoire de la station-service
Les chars romains illustrent une période de transition particulièrement intéressante.
À mesure que les distributeurs fixes se multiplient devant les garages, les commerces et le long des routes, la distribution du carburant devient progressivement plus organisée.
Les pompes ambulantes perdent alors une partie de leur intérêt, sans disparaître nécessairement partout au même moment.
Aujourd’hui, ces appareils constituent de précieux témoignages des débuts de la distribution moderne de l’essence en France.
À retenir
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Les « chars romains » sont des distributeurs mobiles d’essence utilisés en France dans les années 1920.
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Ils associent généralement un chariot, une réserve de carburant et une pompe manuelle.
- Certains modèles utilisent un bi-jaugeur permettant une mesure visible du carburant.
- Leur mobilité facilite la vente sur la voie publique et devant les commerces.
- Ils illustrent la transition entre la vente en bidons et les stations d’essence fixes.
Sources et références
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Fondation Berliet — Le plein SVP ! Rétrospective illustrée, histoire de la distribution d’essence en France et photographie d’un char romain SATAM de 1926.
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Musée de la station-service et de la pompe — Archives documentaires consacrées aux chars romains et aux premiers distributeurs français.
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Revue Omnia (1925) — Données historiques sur la consommation d’essence et le conditionnement en bidons, citées dans l’ancienne version de l’article.
Photos… conférence de San Remo
Dernière mise à jour le 1 novembre 2026 par Michaël Cascaret









