1986, les prix du pétrole s’effondrent, passant d’environ 23 dollars (env. 19 €) le baril, en 1985, à moins de 10 dollars (env. 8 €) le baril en juillet 1986, et les prix du gaz baissent également, de nombreuses régions américaines connaissant des « guerres du pétrole ».
👉 Ce n’est pas une pénurie, mais une surabondance.
La crise pétrolière de 1986 est causée par un déséquilibre durable entre une offre devenue trop abondante et une demande affaiblie, déclenché par le choix de l’Arabie saoudite d’abandonner la défense des prix.
La concurrence (U.S.A.) est si intense – et les prix sont déjà si bas – à Austin, au Texas, que Billy Jack Mason fixe le prix de son Exxon à 0,00 $ dans le cadre d’une promotion d’une journée.
Les causes
Une baisse durable de la demande mondiale
Après les chocs de 1973 et 1979, les pays industrialisés vont réduire leur dépendance au pétrole à travers des mesures d’économies d’énergie (isolation, moteurs plus sobres).
On substituera cette ressource par le nucléaire (France), le charbon et le gaz. Partout dans le monde, de nouvelles politiques énergétiques verront le jour.
En conséquent la demande stagne ou baisse, surtout dans l’OCDE.
Une augmentation massive de l’offre hors OPEP
L’OPEP tente de maintenir des prix élevés, de quoi attiser l’appétit de nouveaux acteurs.
Elle ne contrôle plus la majorité de l’offre mondiale, les producteurs non-OPEP (Mer du Nord, URSS, Mexique) profitent des prix élevés et gagnent des parts de marché sans effort.
Réaction internationale
L’OPEP tente de retrouver la stabilité du marché et fixe un « prix de référence » de 18 dollars (env. 15 €) par baril de pétrole. Elle tente également de soutenir les prix en réduisant ses quotas.
Ce contrechoc de 1986 fut un succès pour les Saoudiens. L’Arabie Saoudite joue le rôle de « producteur d’appoint » (swing producer). Leur production augmenta et arrêta la chute de leurs revenus pétroliers avant qu’ils ne progressent fortement les deux années suivantes grâce au rebond de l’économie mondiale, donc de la demande d’énergie, qu’il provoqua.
En effet, en raison du ralentissement des livraisons de nouvelles centrales nucléaires ou à charbon, et de la faible progression des productions de pétrole hors O.P.E.P., ce rebond bénéficia au pétrole et particulièrement à l’Arabie Saoudite où il existait des capacités de production inutilisées.
Cela montre l’importance de l’effet différé des investissements énergétiques pour expliquer la baisse ou la hausse de la demande de pétrole. […]
Les conséquences
Les pays producteurs
Le prix du baril aussi bas va provoquer une crise financière dans les pays producteurs avec un effondrement des recettes pétrolières. Ce sera une véritable crises budgétaires (Mexique, Venezuela, URSS) allant jusqu’à une accélération des difficultés économiques soviétiques.
Les pays consommateurs
Contrairement aux pays producteurs, les conséquences de la chute du cours du pétrole va avoir un impacte positif pour les plus importants consommateur de brut.
Les conséquences :
- Baisse de l’inflation ;
- Croissance relancée ;
- Coût de l’énergie fortement réduit.
Le marché pétrolier
Cette crise pétrolière nous montre que l’importance d’un contrôle totale par l’OPEP est illusoire.
Plus rien ne sera pareil après cette crise. On constate dès lors d’une montée en puissance des mécanismes de marché et une volatilité accrue des prix.
L'OPEP / l'OPEP+
La crise de 1986 fait partie des événements fondateurs qui expliquent pourquoi l’OPEP+ a fini par voir le jour… 30 ans plus tard.
👉 Le souvenir de 1986 reste présent : “ne plus porter seul le fardeau”.
L’année 1986 montre que l’OPEP seule ne suffit plus pour contrôler le marché, les producteurs hors OPEP pouvant annuler les efforts de ce dernier en produisant plus. Il y a un besoin d’élargir la discipline à des producteurs non-OPEP, en premier lieu la Russie, ce sera la création de l’OPEP+, en 2016.
En France ?
En France, la crise pétrolière de 1986 a des effets très particuliers, souvent positifs à court terme, mais avec des conséquences structurelles plus ambivalentes.
Pour la France, la crise pétrolière de 1986 agit comme un “contre-choc” :
- Soulagement économique ;
- Désinflation bienvenue ;
- Amélioration des comptes extérieurs.
Mais aussi
- Relâchement des incitations à l’économie d’énergie.
1️⃣ Un gain immédiat de pouvoir d’achat
La chute du prix du pétrole entraîne :
- Une baisse du coût des carburants
- Une diminution des dépenses énergétiques des ménages
- Plus de revenu disponible pour la consommation
👉 Effet rapide sur :
- l’automobile
- le tourisme
- les transports
2️⃣ Désinflation marquée
En 1986 :
- Le pétrole pèse lourd dans l’indice des prix ;
- Sa chute provoque une baisse de l’inflation
- Cela facilite la politique de désinflation compétitive
Résultat :
- Inflation contenue ;
-
Taux d’intérêt plus bas
-
Amélioration de la compétitivité-prix
3️⃣ Amélioration de la balance commerciale
La France est :
- Très dépendante des importations de pétrole ;
- Mais déjà largement nucléarisée pour l’électricité.
Effets :
- Facture pétrolière fortement réduite ;
- Allègement du déficit commercial ;
- Moins de pression sur le franc.
👉 C’est un soulagement macroéconomique majeur.
4️⃣ Effet budgétaire ambigu
Côté État :
- Moins de dépenses liées à l’énergie ;
- Mais :
- Recettes fiscales sur les carburants moins dynamiques ;
- Ajustements nécessaires des taxes.
👉 L’effet net est modéré, pas aussi spectaculaire que pour les ménages.
5️⃣ Impact sur la politique énergétique
Paradoxalement :
- Le pétrole bon marché ralentit l’effort de sobriété ;
- Certains investissements alternatifs deviennent moins attractifs.
Mais :
- Le programme nucléaire, déjà lancé, n’est pas remis en cause ;
- La France reste l’un des pays européens les moins dépendants du pétrole pour l’électricité.
👉 La crise confirme le choix nucléaire, sans l’accélérer.
6️⃣ Effets sectoriels contrastés
Gagnants
- Transports ;
- Industrie consommatrice d’énergie ;
- Chimie et plasturgie ;
- Ménages.
Perdants
- Secteur parapétrolier français à l’étranger ;
- Activités de prospection ;
- Certaines entreprises liées aux pays producteurs.
7️⃣ Effet politique et social
En 1986 :
- Changement de majorité (cohabitation) ;
- Contexte favorable :
- Baisse de l’inflation ;
- Consommation soutenue.
👉 La crise pétrolière améliore le climat économique général, sans être la cause principale des évolutions politiques.
Sources : www.convenience.org, www.universalis.fr et chatgpt.com









