Course Paris - Rouen
Mise-à-jour le: 8 septembre 2019

1894.
La toute jeune industrie automobile ne pouvait pas se dispenser d’une confrontation entre les principaux constructeurs. Déjà l’automobile était un secteur concurrentiel.

Pourquoi une Course Automobile ?

Paris – Rouen a été la première manifestation automobile sur route de l’histoire.
Elle se déroula en France, entre Paris et Rouen le 22 juillet 1894.
En réalité, il ne s’agissait pas d’une course, mais d’un concours, d’un trajet à parcourir, sans notion de temps ou de vitesse ; plus une démonstration de véhicules en mouvements qu’une course.
C’est tout de même la première manifestation mobile de l’automobile.

L’épreuve a été organisée par un Normand, Pierre Giffard, journaliste, pour Le Petit Journal, un quotidien parisien réputé du moment.
L’époque était à l’organisation d’événements, de défis ou de records financés par des journaux, en particulier pour ces nouveaux sports qu’étaient le vélo, l’auto, l’avion :

  • Ce “Paris – Rouen” était promu par « le Petit Journal »
  • Le Tour de France, par « L’Auto »
  • La coupe Gordon-Bennett (il y en a eu une pour l’auto et une pour les engins volants)
  • La première traversée de la Manche par le « Daily Mail »
  • La première traversée de l’Atlantique par Charles Lindbergh était aussi sous dépendance d’une prime …
  • Les préparatifs :

    Au départ : 102 engagés à la fin avril 1894.
    La rivalité technique et commerciale entre les marques doyennes Panhard et Peugeot ne pouvait que se retrouver dans le domaine sportif, lors de la première manifestation publique de « voitures sans chevaux ».

    Course Paris - Rouen

    Traversée de Mantes par les concurrents. Une circulation encore très hippomobile.

    C’est ce nom de « Concours des voitures sans chevaux » que « Le Petit journal » avait choisi pour organiser cette compétition, ouverte à des véhicules qui devaient être “sans danger, aisément maniables pour les voyageurs et ne pas coûter trop cher sur la route”.
    Il s’agissait donc plus d’une démonstration que d’une course de vitesse.

    Les véhicules inscrits faisaient appel aux énergies motrices les plus disparates, ce qui n’est pas très étonnant dans ces périodes de début, d’invention et d’innovation. La plupart des voitures n’existaient qu’à l’état de prototype voire de projet. Beaucoup n’eurent pas d’avenir.

    Il y avait en effet, en plus des “traditionnelles” voitures à vapeur et des plus récentes voitures à essence :

  • des voitures actionnées « par gravité » et notamment par le « poids des passagers » ;
  • des voitures « hydrauliques » ;
  • des voitures à air comprimé ;
  • d’autres encore : des systèmes à leviers, automatique (sic), pendulaire, à pédales, avec liquides combinés (?); des systèmes électriques ou semi–électriques ou encore à gaz haute pression, etc.
  • Avant d’être admis à participer à cette manifestation sur le trajet Paris–Rouen, les concurrents devaient faire preuve de leurs capacités sur un parcours de cinquante kilomètres à couvrir en moins de trois heures. Il y avait cinq trajets en banlieue reliant Paris à Mantes (par Flins ou par Poissy), Rambouillet, Corbeil et Précy–sur–Oise.
    Comme on pouvait le craindre, 26 voitures seulement se présentèrent au rassemblement préliminaire du 18 juillet, à Neuilly pour une épreuve prévue le 22 juillet.

    En fin de compte, 17 voitures seulement prirent le départ des éliminatoires.
    Quatre véhicules furent éliminés : mais, par le jeu des repêchages, 21 véhicules (sur 102 inscrits à l’origine) se retrouvèrent sur la ligne de départ le dimanche 22 juillet 1894.

    La course

    Le programme prévoyait :

  • Départ de la Porte Maillot à 8 heures ;
  • Déjeuner entre 12 heures et 13 h 30 à Mantes ;
  • Arrivée vers 20 heures à Rouen.
  • Le Marquis de Dion, avec son tracteur à vapeur, prit la tête immédiatement. En ces périodes de balbutiements automobiles la vapeur était encore triomphante.
    Les Peugeot et Panhard & Levassor à essence venaient à la suite.

    A l’arrivée à mantes, presque tous les véhicules avaient déjà été malmenés… par les pavés de la banlieue, et les routes de non pavées de la campagne.
    L’après–midi fut encore plus rude ; les abandons se succédèrent malgré l’aide spontanée d’une foule nombreuse et intéressée.

    Le Comte de Dion garda la tête jusqu’à la fin de la course avec son tracteur à vapeur attelé d’une calèche.
    La première épreuve automobile mettait ainsi en vedette le couple improbable vapeur – calèche. Le moteur à vapeur (monté sur roues) ne faisait que prendre la place du cheval. Cet attelage allait rapidement céder le pas aux automobiles à moteur à explosion.

    Le Phaéton Peugeot de Lemaître

    Le Phaéton Peugeot de Lemaître

    C’est une foule énorme et enthousiaste qui attendait les concurrents à Rouen.

    A l’arrivée : une De Dion-Bouton s’impose avec comme pilote automobile, le Comte Jules-Albert de Dion en personne qui affirme ainsi la primauté de l’industrie automobile française et initie le sport automobile.

    L’aventure, c’en était une à cette époque, n’avait pas été de tout repos et elle avait mis à mal les machines et les pilotes. Il faut imaginer l’état des routes de l’époque, défoncées et fréquentées par des voitures attelées. Il faut imaginer la difficulté de conduite et de manipulation de ces engins rudimentaires, capricieux et salissants. Il faut imaginer les beaux messieurs avec cravates et chapeaux, s’il n’y avait pas de chauffeur pour s’occuper de la mécanique. Il faut s’imaginer la poussière (ou la pluie), l’huile ou le charbon, les fumées…

    Mais cette manifestation Paris – Rouen avait fait la preuve que ce nouveau moyen de locomotion était utilisable, et pas seulement pour l’amusement des amateurs fortunés.
    C’était le vrai début de l’automobile.

    Auteur : M. / Mme CASCARET

    Créateur du site.
    Actuel technicien Tokheim et anciennement chez Lantzerath.

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